18 Mai Le silence méditatif

silence meditation zenfie

« Le silence est d’or, la parole est d’argent ».  Dans un monde de bruits, par trop mercantile, faut-il comprendre l’or du silence comme  le revenu d’un nouveau business  profitable et l’argent de la parole comme le gain d’un moyen de communication au sujet du premier ?  A l’heure de l’ultra médiatisation sonore et visuelle de notre univers relationnel, quelle place peut-on encore accorder au silence aujourd’hui ? celui d’un vide social  et d’un lieu de solitude ? ou reste-t-il encore là un espace de recueillement et de voyage personnel dans son propre univers intérieur ?

Le silence est en effet un concept intéressant, comportant en lui-même un paradoxe : à la fois ying et yang, bénéfique et nocif, source d’ignorance ou de créativité, il est à la fois vide et vacuité. Deux facettes opposables l’une à l’autre, en totale contradiction, et pourtant si complémentaires et catalysatrices entre elles. Le silence d’une nuit paisible quand la foule s’est endormie et les esprits apaisés peut s’opposer au silence inquiétant d’une nuit sombre où les esprits s’affolent. Le vide qu’il induit parfois nous renvoie au mutisme, à l’obscurité, à la mort et aux épreuves qui l’accompagnent, à la cécité, à l’immaturité, à l’ignorance ainsi qu’à  la violence par consentement tacite. Qui ne dit mot consent… Pourtant il se révèle source de vacuité créative , si on laisse surgir dans cet espace de vie des questionnements, des réflexions, et des méditations contemplatives intenses sur le sens même de notre existence.

silence en meditation

S’arrêter un instant et se poser ici et maintenant en observant le silence comme on observerait les étoiles… Au delà de l’humilité qui l’accompagne en laissant un véritable espace de paroles et d’écoute à ceux qui nous entourent, méditer en silence ( même au milieu de bruits environnants) est une démarche de silence intérieur : s’apaiser, laisser aller ses idées, ne pas les prendre pour objet de ruminations. Le silence méditatif est alors un espace d’une richesse extraordinaire. Il permet alors de reconstruire sa maison intérieure, en aménageant progressivement un nouveau champs des possibles, permettant de mettre de l’ordre en jetant l’inutile, le superflu,  pour ordonner ensuite ce qui resurgit et rebâtir avec. Le recentrage sur Soi, dans ce qui constitue alors le véritable essentiel pour et dans notre existence ici bas, nous offre une ouverture nouvelle à la connaissance, à la nouveauté, à l’imprévu que l’on accueille avec bienveillance et curiosité. Le silence devient ainsi bouillon de culture, berceau d’imagination, d’ingéniosité et de complexité créatrice. Ecouter, entendre, recevoir, digérer, comprendre, se restituer à soi pour requestionner les contenus reçus, en saisir toutes les facettes, quels que soient leurs degrés de visibilité, voilà ce qu’un silence méditatif peut faire surgir en nous. Il ménage alors un espace spécifique, intérieur mental, permettant de recevoir un nouveau patrimoine, culturel, spirituel, intellectuel. C’est  une respiration dans un monde agité où tout n’est que course et challenge. C’est une démarche personnelle pour revenir et demeurer dans l’instant, ici et maintenant, permettant un discernement de l’illusion du vouloir et du désir permanent de tout, d’avec le réel de ce qui est vraiment. Mais « qu’est-ce qui est vraiment ? » pourrait-on alors se dire à la suite de cette méditation silencieuse ?

Cette démarche est infinie, jamais terminée, jamais aboutie, en permanente évolution, progression, construction d’elle-même pour nous-même, pour un recherche de sens des choses et de l’existence. Cette construction  se pense dans le silence de l’intériorisation pour mieux participer à un développement personnel et une dynamique commune collective.

« Fais silence en toi et écoute » (Bouddha)…..

Shine out !