18 Fév L’édito de Jean Doridot. Février 2016

Jean-Doridot

« La leçon la plus importante pour chacun de nous est celle de l’amour inconditionnel, tant envers les autres que pour nous même »

Elisabeth Kubler-Ross (1926 – 2004)

Délicate question que celle de l’amour. Pourtant ce terme est utilisé à toutes les sauces, pour le meilleur comme pour le pire. Peut-être cette difficulté tient-elle à la polysémie que recouvre le mot amour – les grecs possédaient plusieurs mots pour décrire l’amour tandis que le français n’en a retenu qu’un seul – ainsi il est possible à une personne amoureuse de dresser un inventaire en disant par exemple “j’aime le jambon, j’aime le chocolat – je t’aime” –la question qui reste en suspend étant de savoir si l’être aimé l’est plus que le jambon ou moins que le chocolat.

Pour décrire l’amour de la relation amoureuse, Jacques Lacan aimait utiliser la formule suivante: “Aimer, c’est donner ce qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas” – étonnante définition !

Une distinction importante, que pose Elisabeth Kubler-Ross, est celle de la condition. Aussi les grecs aimaient-ils distinguer l’amour relevant d’Eros ou de Philia de celui recouvert par le terme Agapé, qui précisément décrit l’amour inconditionnel. La spécialiste souligne ainsi que la pratique de l’amour sans condition est une leçon importante lorsqu’on l’exerce envers les autres et aussi envers nous-mêmes. S’aimer soi-même, sans condition – voilà ce qui ouvrirait la voie de l’amour des autres. Toutefois, l’amour des autres n’est pas l’amour de l’autre – et l’amour envers soi n’est pas l’amour de soi !

La pratique de la méditation, s’entraînant à observer sans juger, et à pratiquer la bienveillance inconditionnelle, peut nous aider à expérimenter ce que signifie vraiment le verbe Aimer. Alors en ce mois de célébration de la Saint-Valentin, bonnes méditations à tous, et bonne lecture.

Bien à vous,

Jean Doridot